samedi 28 février 2009

Coup d'oeil sur un ancien gué




Le chemin rural joignant Koat Keneac’h à Kerzu Nevez franchissait le ruisseau de Kerlizic par un gué avant son élargissement dans le cadre des aménagements fonciers de 1998. La chaussée de ce gué était empierrée et solide. Il fut jugé bon de le supprimer en busant le ruisseau sous le chemin. Cette décision qui avait un coût nous a surpris ; elle ne nous paraissait pas nécessaire pour faciliter le passage épisodique de véhicules agricoles ou celui des piétons (un petit passage suffisait pour eux). Par contre on éradiquait ainsi un élément qui contribuait à la personnalité et au pittoresque de ce chemin. Avec celui de Kernoble/Kelarret (conservé) ils étaient les 2 derniers gués de la commune.
L’état actuel (photos prises le 27 02 09) plaiderait plutôt, a postériori, contre le bien fondé du remplacement du gué par une buse.
Jusqu’à il y a peu, le ruisseau arrivait par une brèche aménagée sous le mur en maçonnerie grossière en amont. Ce mur a été démoli sur la droite jusqu’à cette brèche. Cette démolition semble avoir été effectuée sans précaution puisqu’une grosse pierre est tombée dans l’orifice d’entrée de la buse en l’obstruant (photo). On n’a pas jugé bon de l’enlever. Résultat : l’eau ne pouvant plus emprunter la buse a repris ses habitudes sur la chaussée du chemin (photo). Et c’est le retour au gué, mais un gué instable sur une chaussée fragilisée. Deuxième conséquence : c’est devenu un obstacle insurmontable pour la remontée des poissons. Or dans le cadre des opérations de restauration et d’entretien du bassin versant de l’Ildut (CRE) un certain nombre de points vont être rendus à nouveau franchissables par les poissons ; c’est le cas pour ce gué 2è version. Le gué ancien ne posait pas ce problème, sa suppression et la pose d’une buse ont eu un coût. La prochaine intervention sur l’état actuel aura encore un coût pour la collectivité.
Morale de l’histoire ?

Les crues du ruisseau de la vallée du Curru / Keranflec'h











Zones de rétention et exportation de terre.

Vous est-il arrivé de circuler sur la route départementale 38 au fond de la vallée, juste après des pluies soutenues ?
Alors vous avez certainement observé une succession de zones inondées depuis le pont de Kernoble / Coat Boulouarn jusqu’à la prairie Le Gall, entre le lotissement du Vizac et Kerzu. C’est sur cette prairie que se forme la retenue la plus visible de la route et aussi la plus spectaculaire (photo). La parcelle est alors transformée en un véritable étang semblant menacer Ti Michelik (la maison construite à son angle Nord-Ouest).
Mais il y a d’autres points de retenue ; immédiatement en aval et en amont du moulin du Curru, par exemple (photo). L’étang du moulin de Pen ar C’hreac’h retrouve aussi en ces occasions une allure ancienne avec un niveau d’eau affleurant le haut de la chaussée (photo). La prairie en aval du pont de Kernoble devient également un plan d’eau impressionnant (photo). Et il en est de même à de nombreux endroits sur le cours supérieur du ruisseau jusqu’au moulin de Keranflec’h dont l’ancien étang reprend alors presque forme (photo). Les deux ruisseaux qui l’alimentent, celui de Lanrivoaré / Trézéguer et celui de Milizac / Leuré, ainsi que leurs affluents, ont eux aussi leurs points de rétention, parmi lesquels l’étang de Keranflec’h naturellement.
En fait chaque goulot d’étranglement des ruisseaux provoque une retenue d’eau, plus ou moins volumineuse selon la topographie des lieux, dès lors que le débit momentané du cours d’eau dépasse la capacité de ce goulot à l’évacuer (photo pont de Coat Boulouarn)).
Et que sont ces goulots si nombreux dans la vallée sinon des créations humaines ? Il y a donc les chaussées des anciens moulins, mais aussi les ponts, puis les talus notamment.
Ainsi, depuis les chevelus en tête du bassin versant jusqu’à la prairie près de Ti Michelik, une succession de points de rétention d’eau existent et jouent un rôle très précis en cas de précipitations importantes dans un laps de temps réduit. Les gens qui ont accordé un minimum d’attention au phénomène savent que, de surcroît, ces retenues se forment assez brusquement et quelques heures seulement après le pic des pluies.
Imaginons l’addition de ces différents volumes, petits et grands ; essayons de visualiser cette masse d’eau déferlant sur une courte distance et sans retenue sur le bas de St Renan (n’oublions pas que le ruisseau du Curru est un affluent de l’Ildut, la confluence ayant lieu immédiatement en aval du pont récemment refait sous la R D 68 près de Ti Michelik (photo). Notons aussi que la zone en arrière de la Caisse d’Epargne et du magasin de meubles a déjà été inondée (photo) malgré la fonction hydraulique particulière de la vallée du Curru.
A ce sujet, des personnes avaient compris que l’on reconstruisait le pont de la R D 68 pour permettre une meilleure évacuation des crues et réduire l’inondation de la prairie Le Gall (photos pont ancien et nouveau pont). Elles ont donc été étonnées et déçues de constater que ça n’y faisait rien, le « lac de Ti Michelik »réapparaissant comme d’habitude !
A-t-on jamais envisagé l’éventualité d’une arrivée brutale d’un gros volume d’eau lorsque l’on a décidé d’étendre l’urbanisation sur les rives de l’Ildut entre la confluence du ruisseau du Curru et le lac de la Comiren ?
Mais il n’y a pas que l’eau, il y a aussi les particules terreuses et le sable charriés par le ruisseau du Curru.
Le lundi matin 9 février, un coup d’œil à la confluence indiquée ci-dessus permet de constater que l’eau milizacoise est nettement plus colorée (photos) que celle de l’Ildut. Le bassin versant du Curru serait-il donc un gros exportateur de terre au profit … du lac de la Comiren ? Rappelons qu’un chantier important et coûteux (400 000 €) va bientôt permettre à l’Ildut de contourner le lac de la Comiren afin de stopper son envasement.
Une visite aux différents ruisseaux constituant le bassin versant n’a pas permis de constater si l’un d'eux est plus exportateur que les autres. En fait chacun y contribue et l’addition des matières en suspension provenant de chacun donne cette teinte bien brune à la confluence, et ceci malgré les dépôts dans chaque zone de rétention. L’envasement de l’ancien étang du moulin de Pen ar C’hreac’h témoigne de la charge des eaux en matières en suspension.

dimanche 8 février 2009

Des conducteurs de quads dégradent les chemins de randonnée









Monsieur le Président de la CCPI, mesdames et messieurs les responsables des services concernés par les chemins de randonnée et le CRE Ildut,
Nous venons vous alerter au sujet des dégradations commises par des quadistes (qui se croient au Paris-Dakar) sur des portions sensibles des chemins de randonnée.
Riverains et usagers de ces chemins dans le secteur Kernoble/Curru à Milizac, nous observons une amplification des dégâts :
multitude de cailloux arrachés, sol "rotovatoré", ornières creusées, fondrières de plus en plus larges et profondes ...
Un exemple de l'inconscience (au mieux) de ces gens, ou de leur mépris du travail des équipes d'entretien et des droits des piétons (plus probablement) :
sur l'Allée des Seigneurs entre moulin du Curru et moulin de Pen ar C'hreac'h il y a un étranglement à l'endroit connu par certains comme "Ti Koff Youd". Ce segment de chemin a été tellement "baratté" et creusé par les roues de quads passant vite qu'il leur pose aussi problème. Et alors que font-ils ? Ils commencent à passer chez "koff Youd", débutant ainsi une nouvelle dégradation, cette fois du passage qui permet aux piétons d'esquiver les mares de boues du chemin attenant !
Autre phénomène : dans le secteur du "Parc à lapins", les 2 pentes du chemin larguent du fait de l'agression des roues de quads, puis du ruissellement pluvial, de plus en plus de terre et de sable dans le ruisseau. Comme les quadistes préfèrent le passer à gué plutôt que sur le pont, ils brassent le fond du lit et accélèrent le départ des dépôts de particules vers ... le lac de la COMIREN, par exemple ! Or une dérivation va y être creusée à grands frais pour la communauté pour cause d'envasement du lac ...
Nous restons à votre disposition pour vous guider sur les "lieux du crime" si nécessaire.
Cordialement.



Un petit tour dans une ancienne prairie !







lundi 2 février 2009

Source / Stivell (2).




Source / Stivell (2)

Il y a longtemps, très longtemps, lorsque Source la fée, par ses larmes, redonna vie à la terre, elle se sentit soulagée. Mais sa responsabilité était grande parce que de son existence dépendait celle de La Rivière. Un lien indéfectible unirait leur destinée durant la traversée des siècles à venir.
Songeuse au pied du vieux chêne, elle se souvint que d’autres forces naturelles existaient, forces qu’il lui était impossible de contrôler et qui pouvaient lui réserver bien des surprises. Le vent parfois la chahutait violemment et faisait souffrir le vieux chêne jusqu’à le menacer de mort. La foudre aussi , qui un jour avait embrasé la prairie trop sèche, puis la forêt sa voisine transformée en une torche géante. Pourtant Source et La Rivière étaient
reconnaissantes au vent d’accumuler les nuages, à la foudre de les aider à percer et à se déverser en pluie bienfaitrice, sans laquelle elles ne seraient pas éternelles.
Ainsi la petite fée laissait-elle vagabonder ses pensées…Parfois une certaine confusion l’enveloppait, surtout lorsque l’ombre de la nuit la faisait soudain frissonner. Un peu inquiète alors, elle attendait patiemment le lever du jour, qu’un rayon de lumière l’éclaire à nouveau. C’était le moment propice où des bêtes innombrables sorties de nulle part, s’avançaient prudemment pour goûter à ses eaux fraîches et claires. Un souffle tiède réchauffait peu à peu l’air pur du matin. Une profonde sérénité s’emparait des alentours.
En ces temps-là, Source et La Rivière ne se doutaient pas qu’au cours d’une longue Histoire, des forces maléfiques surgiraient, sous des formes grotesques, pour les accabler de maux terribles.
A suivre…

dimanche 1 février 2009

Nettoyage et restauration de fontaines et lavoirs



Amis des fontaines et lavoirs,

Peut être que dans votre quartier une fontaine, un lavoir (ou les deux) demanderait à être débarrassée des ronces et de la végétation qui l’encombrent, la masquent et gênent son accès. Si elle se trouve sur le domaine communal pas de problème ; sinon le propriétaire doit d’abord être contacté naturellement, et préalablement à toute intervention.
Si la question de la main d’œuvre et de l’autorisation est résolue, il reste un aspect des choses auquel on pense peu en général. Le fait d’envahir puis de rendre accessible au public un lieu qui a été longtemps protégé par la libre évolution de la végétation ne va-t-il pas perturber la quiétude de la flore et de la faune de l’endroit, les mettre en péril même ?
Si vous jugez que ce n’est pas le cas et décidez d’entreprendre les travaux tout de même, une autre question s’impose : à quelle période le chantier est-il le moins susceptible de perturber et de contrarier le cycle naturel des occupants des lieux ?
La nidification des oiseaux, la naissance des têtards, la pousse et l’éclosion de certaines plantes et fleurs peuvent être rudement bousculées, annihilées par la coupe d’un roncier et de branches, par la destruction de la végétation installée dans le bassin, par le piétinement des défricheurs et visiteurs.
Si votre intervention s’annonce trop tardive, pourquoi ne pas attendre un an de plus et programmer un peu plus tôt ? Un an de plus ou de moins au regard des années d’abandon des lieux est de peu d’importance.

mercredi 28 janvier 2009

Les nitrates dans l'eau brute à la prise d'eau de Baniguel à Kernilis

DOCUMENTS SYNDICAT MIXTE DU BAS LEON :


SYNDICAT MIXTE DES EAUX DU BAS LEON : Bassin versant de l’Aber Wrac’h

Situation 2008 comparée aux années 2001 et 2007
Suivi hebdomadaire de la Lyonnaise des eaux .




Suivi bi-mensuel de la DDASS (Suivi officiel pour le calcul du nombre de jours de dépassement)


Evolution des nitrates dans l’eau brute à la prise d’eau de Baniguel

Le suivi DDASS 2008 nous montre une évolution favorable de la concentration
moyenne par rapport à 2007 : 48 mg/l au lieu de 51 mg/l :
Celle-ci est probablement due à une répartition différente de la pluviométrie. Même si l’année 2008 semble moins pluvieuse que 2007 (79 mm en moins), les périodes avril-mai et août-novembre ont été beaucoup plus arrosées en 2008 (respectivement plus 79 mm et plus 153 mm), entraînant parfois de fortes dilutions comme le montre le prélèvement du 3/09/2008 (12 mg/l après les pluies d’orages).
Autre point positif pour 2008, lesconcentrations maxim ales n’ont pas augmenté, il y a même une baisse d’1 mg/l.

Rappel réglementation : avoir moins de 18 jours de dépassement par an des 50 mgNO3/l.
En 2008,les suivis DDASS et Lyonnaise montrent une baisse importante du nombre de jours de dépassement. Avec le suivi DDASS (suivi officiel- prélèvement bi-mensuel), 54 % des prélèvements sont conformes alors qu’avec la Lyonnaise (prélèvements journaliers), 47.5 % des prélèvements le sont.


COMMENTAIRES AQUAVIE/DOUR BEW :


Le Syndicat Mixte des Eaux du Bas-Léon (bassin versant de l’Aber Wrac’h) livre un certain nombre de données autour des concentrations en nitrates à la prise d’eau de Baniguel (dans l’Aber Wrac’h) à Kernilis. Rappelons que environ 25% de l’eau transitant par le château d’eau de Milizac provient de là-bas.
Quatre graphiques rassemblent ces données :
1-Les relevés des taux de nitrates effectués quotidiennement (auto surveillance) par la Lyonnaise des Eaux (société affermée) sur 2001, 2007 et 2008 pour son suivi hebdomadaire.
2-Les relevés bi-mensuels de la DDASS (suivi officiel) pour ces mêmes années.
3-L’évolution des taux de nitrates en valeurs maximale, minimale et moyenne (suivi DDASS) au regard de la pluviométrie de 1985 à 2008.
4-Le calcul du nombre de jours de dépassement des 50 mg de nitrates de 2001 à 2008 d’après les relevés de la DDASS et de la Lyonnaise.

Il faut avoir présent à l’esprit que la DDASS effectue des prélèvements bi-mensuels dont les résultats ont valeur officielle, tandis que ceux de la Lyonnaise sont quotidiens dans le cadre de l’auto surveillance effectuée par la société gestionnaire de l’usine de traitement et de potabilisation de Kernilis.

Quelques observations sont possibles :

1-L’évolution des concentrations en nitrates mise en évidence par l’auto surveillance est forcément plus fine que celle livrée par la DDASS (4 points sur les courbes Lyonnaise pour 1 point sur les courbes DDASS) . Ce qui donne par exemple pour la période du 3è trimestre 2008 :
A-DDASS. septembre, 30 mg / octobre, 50 et quelques mg / novembre, 30 et quelques mg / décembre, à peu près 30 mg. Les 2 derniers segments de courbe sont donc descendants, c’est encourageant !
B-Lyonnaise.semaine 41, environ 25 mg / s.42, 50 mg / s.43, un peu plus de 50 mg / s.44, environ 45 mg / s.45, un peu plus de 30 mg / s.46 47 et 48, remontée régulière jusqu’à presque 50 mg / s.49, baisse à environ 25 mg / s. 50, remontée à un peu moins de 50 mg / s.51, baisse à presque 35 mg / s.52, remontée à presque 50 mg. Sur le mois de décembre 2008 il y a donc 3 remontées jusqu’à presque 50 mg (le dernier segment de courbe pour 2008 est montant !) et l’optimisme ci-dessus est alors sérieusement écorné !

2-On peut s’interroger sur l’intérêt du graphique « Evolution de la qualité de l’eau brute au regard de la pluviométrie - suivi DDASS ».
Il fait apparaître par année l’importance de la pluviométrie cumulée ainsi que les valeurs maxi, mini et moyenne de la concentration en nitrates. Selon ce graphique, il ne semble pas y avoir de corrélation entre le niveau de pluviométrie totale d’une année et les différentes valeurs de la concentration en nitrates. Il faut savoir que des précipitations fortes sur une courte période peuvent provoquer d’importantes dilutions de la concentration en nitrates.
-Exemple : le prélèvement DDASS du 3 septembre 2008, après les pluies d’orages, indique 12 mg/l.
Si on ne dispose pas de ce genre de précisions, le positionnement des valeurs maxi et mini chaque année peut paraître aléatoire et on ne sait pas quoi en penser.
-Exemples : année 2000 très pluvieuse mais valeur mini proche de 50 mg/l. Année 2001 assez pluvieuse et valeur mini à 20 mg/l. Ou bien année 1996 peu pluvieuse et valeur mini à 60 mg/l. Par ailleurs année 2003 peu pluvieuse et valeur maxi à 60 mg/l. Année 2006 pluvieuse mais valeur maxi toujours à 60 mg/l !
Il serait sans doute plus intéressant et instructif d’avoir des précisions sur les circonstances pluviométriques pour chaque valeur mini ou maxi qui fait apparaître un pic ou un creux bien marqués (voir les 12 mg/l du 3 sept 2008).

3-Le tableau du nombre de jours de dépassement des 50 mg/l met en évidence que le suivi DDASS conduit à une estimation nettement plus optimiste que celle issue de l’auto surveillance, à l’exception de 3 années.
-en 2002 et 2003 la DDASS et la Lyonnaise ont des résultats assez proches (mais le mode de prélèvements DDASS minimise encore le nombre de jours de dépassement).
-en 2007, au contraire, la DDASS trouve un nombre de jours un peu supérieur au résultat de l’auto surveillance. Mais cette « anomalie » n’est pas si surprenante en fin de compte. les courbes plus fines de la Lyonnaise (4 points pour 1 point) mettent en évidence un état qui colle plus à la réalité (voir commentaire sur fin 2008). Cette réalité plus décortiquée peut se révéler plus positive qu’elle n’apparaît traduite par la courbe plus schématique de la DDASS.
-exemple : en 2007, durant les 4 premiers mois, les 4 points de la courbe DDASS restent au dessus des 50 mg/l, tandis que la courbe Lyonnaise (plus fine avec ses 16 points) passe 3 fois sous les 40 mg/l.
Quoi qu’il en soit, les 18 jours de dépassement des 50 mg/l de nitrates autorisés réglementairement sont encore plus que largement bafoués par la réalité : plus de 150 jours en 2008 selon les deux contrôleurs ; même si ça semble un progrès par rapport à 2007 où les 250 jours étaient dépassés pour la Lyonnaise et presque atteints pour la DDASS.


Quand des distorsions entre les résultats des contrôles d’une société exploitante et ceux des services de l’Etat peuvent donner lieu à des conclusions sensiblement différentes, et pas forcément dans le sens qu’on pouvait envisager, il y a lieu de s’interroger.
Quels crédits accorder à d’autres résultats officiels quand il n’y a pas en parallèle ceux d’une origine différente pour moduler les conclusions et l’optimisme trop souvent de mise.

Viltansou


Aux dires de certains il existerait chez nous des créatures de la nuit qui affectionneraient les bords des cours d’eau et les endroits humides. Elles prendraient grand plaisir à jouer des tours pendables aux humains incapables de passer leur chemin sans leur prêter attention ; ils sont alors « perdus par les viltansou » : kollet gant ar viltansou. Ces Viltansou seraient une version locale des korrigans et autres lutins.
Yves le Gallo, historien brestois bien connu, proposa à leur sujet l’explication suivante dans « Le clergé et la danse en Basse-Bretagne finistérienne », dans Kreis 5, Etudes sur la Bretagne et les pays celtiques, 1995, p. 177.:

« Lorsqu’ils commentaient leurs peintures allégoriques – les taolennou – les missionnaires prêchaient en breton. Mais ils le faisaient dans une langue truffée de mots français que les auditeurs ne comprenaient pas, comprenaient mal ou détournaient de leur sens. La danse se dit en breton : dans ; les danses : dansou. Lorsque l’orateur sacré lançait l’anathème contre les « viles danses », il disait : (ar) vil dansou. L’oreille de l’auditeur entendait viltansou, que sa cervelle interprétait comme signifiant les lutins nocturnes du mouvement perpétuel. »

Selon nos informateurs, témoins oculaires jurés, ces êtres se manifesteraient de préférence les nuits de clair de lune : al loar vras ha gann a plij d’ar viltansou. Mais il leur arrive d’apparaître aussi par ces journées glauques , quand un brouillard têtu pèse sur la campagne.
Bon, direz-vous, ces soi-disant témoins ont eu la berlue ; ils étaient plus ou moins angoissés par les circonstances particulières et prédisposés aux visions par des souvenirs d’histoires ; et n’avaient-ils pas un peu forcé sur le dernier verre pour la route ? D’autant que ces informateurs sont toujours des piétons isolés qui forcément se sentent un peu vulnérables en pareilles situations.
A noter que les témoignages sont rarissimes depuis que les seuls marcheurs à parcourir la campagne sont maintenant des promeneurs, des randonneurs ; ils ne sont guère confrontés à des heures indues puisqu’ils choisissent les circonstances de leurs sorties .
Et puis quelle chance a-t-on d’apercevoir des Viltansou lorsqu’on s’en tient à la route départementale 38 ou à la communale 3 ? Qui plus est quand on est enfermé avec son portable dans un véhicule automobile rapide équipé d’une sono et d’un éclairage puissant ?

Quoi qu’il en soit, nous vous livrons le dernier témoignage qu’il nous a été donné de recevoir :

Biel avait participé à l’entraide du battage à Kernorman et la dernière journée avait été rude pour achever les travaux. C’était la ferme de sa bonne amie Anna et il en était d’autant plus motivé. Le « koan freilh » (souper de clôture) avait régalé les travailleurs et il s’était, comme de juste, prolongé par une veillée.
Ravi d’être aux côtés d’Anna plus longtemps que de coutume sans trop prêter à commentaires déplacés, Biel avait attendu que les attardés se lèvent pour prendre congé à son tour.
La nuit estivale était bien installée, mais presque blanchie par une lune bientôt pleine.
Cependant, par moment, l’un des nuages qui déambulaient dans le ciel voilait par inadvertance le disque inachevé. Et alors par contraste , la campagne semblait recouverte d’un rideau sombre aussi opaque que soudain.
Biel s’engagea dans le chemin qui le conduirait à ses pénates, sur l’autre versant de la vallée. Mais bien vite, le poids de la journée laborieuse et des ripailles bien arrosées du « peurson » s’abattit sur ses épaules et lui coula du plomb dans les jambes. Il opta pour un raccourci « a dreuz karter » plutôt que de passer par la chaussée du vieux moulin pour franchir le ruisseau ; il gagnerait ainsi pas loin d’une demi-heure. La traversée de quelques champs le conduisit jusqu’à « Foennoc ar Roudouz ».
Il y avait là, couché au travers du ruisseau, un tronc de saule très prisé des chasseurs, pêcheurs et autres habitués des lieux. Un coup de vent dévastateur avait installé cette passerelle vivace et bien commode. Pour l’emprunter on se tenait à ses branches qui poussaient verticalement, celles qui gênaient le glissement des pieds avaient été tranchées à ras par des usagers. Biel y passait souvent, et pour cause !
La prairie était enveloppée dans un voile de brume qui, sans cacher vraiment la végétation ni la topographie, déformait sensiblement leur aspect comme le ferait une vitre grossière. Un léger mouvement d’air était suffisamment actif près du sol pour rompre légèrement mais régulièrement l’immobilité des buissons et des branches basses. L’appel de plusieurs hulottes animait la vallée.
Biel connaissait chaque pouce du terrain et n’était pas incommodé par la visibilité réduite. Cependant, l’ambiance particulière du lieu et du moment commença à aiguiser ses sens. Malgré lui, il se mit à regarder avec plus d’intensité tout en progressant vers le ruisseau ; il perçut bientôt des formes et des mouvements que son cerveau fatigué et embrumé décodait tant bien que mal.
A peine engagé sur le tronc de saule, il se persuada qu’il apercevait une silhouette parmi les broussailles sur l’autre rive ; une forme plutôt humaine quoique de taille réduite, et dotée d’un prolongement qui lui fit penser à un bras faisant le geste d’invitation à rejoindre l’endroit.
Surpris, un peu dérangé, il se dit « Tiens le père Jaouen braconne à cette heure, il veut me montrer quelque chose ? ». Mais aussitôt il pensa que ce vieil homme n’était pas assez imprudent pour fouiner dans un tel lieu quasiment au cœur de la nuit.
La vision demeurait cependant, le geste d’invite aussi insistant …
Alors, brutalement, l’obscurité engloutit le ruisseau.
Tout à sa surprise, son malaise et son interrogation - sans être un froussard, notez-le bien ! -
il en oublia qu’il se trouvait dans une posture délicate ; il rata la prise d’une branche, trébucha et perdit l’équilibre !
L’éclaboussement provoqué par la chute, la fraîcheur de l’eau et l’inconfort général de sa position ramenèrent ses sens et son esprit aux réalités du moment. Quoique peu profond le ruisseau le trempa généreusement ; en effet s’il tomba bien sur ses pieds, ce fut de manière si instable qu’il s’affala aussitôt dans le lit en s’écorchant rudement les paumes aux pierres du fond.
Et la lune éclatante revint en scène comme pour mieux lui faire visualiser sa situation.
Dégoulinant et bientôt transi, il regagna ses pénates au plus court, jurant et pestant, totalement indifférent aux formes et aux mouvements de la végétation à son passage !
- Et c’était qui alors, quand tu as pensé qu’on te faisait signe ?
- Des viltansou, tiens ! Une fois de plus ils m’ont eu !

Bien entendu des mauvaises langues chagrines et dépourvues de poésie s’empresseront de proposer une autre explication à la mésaventure de Biel.

« Maintenant je sais pourquoi on raconte les histoires ; comme ça les gens n’oublient pas qu’ils sont de quelque part, toujours. » Réflexion du garçon aborigène sang-mêlé, héros du film « Australia ».