mardi 19 octobre 2010
dimanche 22 août 2010
Participation financière de la commune pour l'entretien des lavoirs publics
Règlement sanitaire municipal de 1903
Les préoccupations d'hygiène et de santé publique se sont affirmées dans la seconde moitié du XIXe siècle après la longue domination de la théorie miasmatique. Il était jusque là largement admis que les déchets, pourritures, excréments et autres ordures provoquaient des maladies du fait des miasmes qu'ils exhalaient. Mais le rôle des microbes et autres agents pathogènes a fini par être démontré. La grande loi de 1902 sur la santé publique met officiellement un terme aux croyances antérieures. Dans son article 1er elle stipule que :
"Dans toute commune, le maire est tenu, afin de protéger la santé publique, de déterminer :
1° Les précautions à prendre, en exécution de l'article 97 de la loi du 5 avril 1884 pour prévenir ... les maladies transmissibles ... 2°Les prescriptions destinées à assurer la salubrité ... , notamment les prescriptions relatives à l'alimentation en eau potable ou à l'évacuation des matières usées.
Règlement Sanitaire Municipal de 1903, à MILIZAC.
Dans la même séance du 22 Novembre 1903.
Monsieur le Maire donne connaissance au Conseil de la Circulaire de Mr le Préfet du Finistère en date du 22 Octobre 1903 pour la réglementation Sanitaire Communale, objet des articles 1.2. et 3 de la loi du 15 Février 1902 sur la protection de la santé publique, et prie le Conseil d’établir un règlement Sanitaire Municipal.
Le Conseil après avoir délibéré élabore le règlement suivant
Art.I. . Dans les constructions neuves, les parois construites en pierres, briques, ou bois seront enduites ou tout au moins badigeonnées à l’extérieur à la chaux.
Art.II. . La couverture et la sous-couverture à la paille des maisons, granges, écuries et étables sont interdites.
Art.III. . La cuisine, pièce commune, doit être largement pourvue d’espace, d’air et de lumière.
Art.IV. . Toute pièce servant d’habitation de jour et de nuit sera bien éclairée et ventilée.
Art.V. . Les cheminées, fours et appareils quelconques de chauffage seront aménagés de façon à ce qu’il ne s’en dégage à l’intérieur de l’habitation ni fumée ni gaz toxique.
Art. VI. . L’habitation de nuit est interdite dans les caves et sous sols.
Art. VII. . Les sources seront captées et soigneusement couvertes.
Art. VIII. . Les puits seront fermés à leur orifice ou garantis par une couverture surélevée. Leur paroi de pierre ou brique sera hourdie au mortier de chaux hydraulique ou de ciment. Elle devra surmonter le sol de 50 centimètres au moins et être couverte d’une margelle de pierre dure.
Les puits seront placés à une distance convenable des fosses à fumier et à purin, des mares et des fosses d’aisances. Ils seront nettoyés ou comblés si l’autorité sanitaire le juge nécessaire.
Art. IX. . Les citernes destinées à recueillir l’eau de pluie seront étanches et voûtées. La voûte sera munie à son sommet d’une cave ( ?) d’aérage ; on ne devra pratiquer aucune culture (?) sur la voûte ; les citernes seront munies d’une pompe ou d’un robinet. Elles seront précédées d’un citerneau destiné à arrêter les corps étrangers, terre, gravier, etc.
Art. X. . Le plomb sera exclu des réservoirs destinés à l’eau potable.
Art. XI. . Le sol des écuries et étables devra être rendu imperméable dans la partie qui reçoit les urines ; celles-ci devront s’écouler par une rigole ayant une pente suffisante.
Les murs des écuries et étables seront blanchis à la chaux. Elles seront bien aérées.
Art. XII. . Les fumiers seront déposés sur un sol imperméable entouré d’un rebord également imperméable.
Les fosses à purin possèderont des parois et un sol étanches bétonnés ou cimentés. Les fosses à fumier et à purin seront placées à une distance convenable des habitations.
Les fosses à purin dont l’insalubrité serait constatée par la Commission sanitaire seront supprimées.
Art. XIII. . La création de mares ne peut se faire sans une autorisation spéciale.
Les mares et fossés à eau stagnante seront éloignés des habitations ; ils seront curés une fois par an et comblés s’ils sont nuisibles à la santé publique.
Il est défendu d’étaler les vases provenant de ce curage auprès des habitations.
Art. XIV. . Les dépôts de vidanges, gadoues, immondices, pailles, balles, feuilles sèches en putréfaction seront interdits s’ils sont de nature à compromettre la santé publique. Il est également interdit de déverser les vidanges dans les cours d’eau.
Art. XV. . Les cabinets et fosses d’aisances seront établis à une distance convenable des sources, puits et citernes.
Art. XVI. . Il est interdit de jeter les animaux morts dans les mares, rivières, abreuvoirs, gouffres et citernes ou de les enterrer au voisinage des habitations, puits ou abreuvoirs.
Art. XVII. . Indépendamment de la déclaration imposée aux Médecins par l’art. 5 de la loi du 15 Février 1902 pour les maladies transmissibles ou épidémiques, les hôteliers ou logeurs sont tenus de signaler à la Mairie tous cas de maladie qui se produirait dans leur établissement ainsi que le nom des Médecins qui aurait été appelé pour les soigner.
Jusqu’à la disparition complète de tout danger de contagion on ne laissera approcher du malade que les personnes qui le soignent. Celles-ci prendront toutes les précautions pour empêcher la propagation du mal.
Art. XIX. . Il est interdit de déverser aucune déjection (crachats, matières fécales, matières vomies, etc) provenant d’un malade atteint d’une maladie transmissible, sur le sol des voies publiques ou privées, des cours, des jardins, sur les fumiers et dans les cours d’eau.
Ces déjections recueillies dans des vases spéciaux seront enterrées profondément mais seulement après avoir été désinfectées à la chaux vive.
Art. XX. . Pendant toute la durée d’une maladie transmissible les objets à usage personnel du malade et des personnes qui l’assistent, de même que tous les objets contaminés ou souillés seront désinfectés.
Les linges et effets à usage contaminés ou souillés seront désinfectés avant d’être lavés et blanchis. L’immersion, pendant un quart d’heure, des linges dans l’eau en ébullition constitue un bon remède de désinfection.
Art. XXI. . Les locaux occupés par le malade seront désinfectés après sa guérison ou son décès.
Art. XXII. . Lorsque le malade sera guéri il ne sortira qu’après avoir pris les précautions convenables de propreté et de désinfection.
Les enfants ne pourront être réadmis à l’Ecole qu’après un avis favorable du Médecin traitant ou du Médecin Inspecteur de l’Ecole.
Fait et délibéré à Milizac les jours, mois et an que dessus.
Suivent les signatures des Conseillers municipaux Mailloux, Calvarin, Jestin, Le Fourn, Floc’h, Jaouen et du Maire Gélébart.
vendredi 29 janvier 2010
"L'eau en héritage"
mardi 3 novembre 2009
Coat ar Feunteun
C’est un petit bois à quelques jets de pierres du hameau, après l’amorce d’une pente qui s’achève au ruisseau au fond du vallon. Il regarde le sud et échappe ainsi à la bise qui balaie parfois le plateau léonard. Il fait bon y faire halte par un après-midi ensoleillé d’hiver. Le talus qui le sépare du champ voisin suit un tracé capricieux, comme si son constructeur avait dû éviter ou voulu préserver quelque chose. L’emprise de ce bosquet est réputée avoir été habitée à une époque ancienne. En y regardant bien on peut discerner quelques maigres vestiges de murs sous les ronces et les feuilles mortes accumulées. En contrebas de ce petit bois se trouve l’extrémité très pentue d’une ancienne prairie de fauche. Elle avait bénéficié d’une irrigation, comme en témoignent les traces d’un bief en haut de la parcelle. A mi-pente une petite zone humide intrigue. Cette prairie avait cessé d’être fauchée depuis longtemps pour être pâturée. Plus tard, les ronces périphériques n’ont plus été maîtrisées et ont submergé une clôture électrique oubliée. Les vaches, puis les poneys, ont ensuite cessé d’y venir tondre des graminées de plus en plus hirsutes. Des touffes de jonquilles ont alors fait leur apparition et égaillé les lieux pendant quelques années ; mais les ronces ont encore gagné.
Le plan cadastral et l’état des sections du 19è siècle apprennent que notre petit bois s’appelait ar Brouscoat (le Bosquet ) et existait en l’état en 1840. Le champ voisin portait le toponyme révélateur de Parc ar Cozti (Champ de la vieille maison ). A noter que le qualificatif coz est placé avant ti, ce qui indiquerait une certaine ancienneté par rapport au « ti coz » de la dernière période de création de toponymes bretons. Aucune présence de bâtiments n’apparaît sur le plan cadastral ; pourtant il existe dans les environs d’autres vestiges à peine décelables de constructions qui y figurent bien. Est-ce que cela confirme l’ancienneté de l’habitat ?
Surprise ! La prairie abandonnée était un autre bois en 1840 et portait le nom évocateur de Coat ar Feunteun (Bois de la Fontaine ). La tache humide peut très bien être alors la dernière trace d’une fontaine tarie par manque d’entretien ou du fait d’une évolution de la nappe phréatique, ou encore volontairement obstruée. Etait-ce le point d’eau des anciens habitants du Brouscoat ? Tout ancien lieu habité possédait autrefois dans ses environs un point d’eau naturel et permanent.
D’ailleurs, quelques champs plus en amont dans le vallon, une parcelle portait le nom de Parc ar Feunteun (Champ de la Fontaine ). Mais rien dans ce champ ne rappelle l’existence d’une fontaine. Cependant une ancienne prairie, très dégradée, borde son extrémité. Et là, à force de patience et d’allées et venues, une petite cavité veut bien enfin se laisser découvrir. Elle a été sommairement aménagée, un filet d’eau s’en écoule pour rejoindre le ruisseau. Il y avait donc des gens qui vivaient à proximité et en avaient fait leur point d’approvisionnement en eau potable. En effet, nouvelle révélation de l’état des sections du cadastre napoléonien, une petite parcelle maintenant rayée de la carte au profit d’un champ spacieux porte le nom de Klaonti. Ce toponyme paraît obscur à première vue mais sa terminaison semble tout de même indiquer la présence ancienne d’une habitation. Vérification faite il marquerait le souvenir d’une maladrerie (klaon signifiant malade ). Serait-ce l’explication de la présence de ce point d’eau ?
Notre Bois de la Fontaine pourrait quant à lui, et selon toute vraisemblance, avoir été défriché dans la seconde partie du 19è siècle ; l’intérêt des prairies de fauche irriguées fut alors mis en évidence par les agronomes de l’époque pour l’élevage des bovins et des chevaux. Mais on peut envisager que lorsque les anciens occupants du Bosquet faisaient sans répit leur corvée d’eau, ni Brouscoat ni Coat ar Feunteun n’était couverts de ramures.
Peut être serez-vous intéressé d’apprendre que le Bois de la Fontaine est actuellement en phase active de reboisement naturel par l’effet de la succession végétale non contrariée. Il resterait à redonner vie à la fontaine oubliée. Les mânes des anciens habitants du Brouscoat en ont trop longtemps été privées…
mardi 18 août 2009
Point qualité NO3 à la prise d'eau de Baniguel au 31 05 2009
Source/Stivell (3)
STIVELL (3)
Il y a longtemps, très longtemps, Stivell la fée se remettait lentement du trouble profond qui s’était emparé d’elle, une peur diffuse, comme un pressentiment.
Sous l’éclat froid de la lune, l’ombre du vieux chêne ondulait à la surface de l’eau frémissante. Le calme de la nuit pénétrait peu à peu les lieux. Rien aux alentours ne semblait avoir gardé l’empreinte de l’agitation particulière qu’ils venaient de vivre.
Pourtant, à la tombée du jour, des créatures étranges étaient soudainement apparues et s’étaient abreuvées à la source. Un regard avisé aurait décelé les traces nombreuses laissées dans la terre noire et molle en bordure de l’eau, des traces de sabots mêlées à celles de pas d’une espèce jusqu’alors jamais vue, les hommes.
Il s’agissait bien de cavaliers venus en éclaireurs, à la recherche d’un nouvel espace à occuper. L’ère du modelage de territoires envahis avait commencé. Pour se nourrir les premiers travailleurs de la terre repéraient les lieux propices à l’agriculture de survie alors pratiquée. Ici il y avait de l’eau à volonté, une grande prairie de terre fertile encore vierge, une forêt riche en bois et en baies, en gibier et en abeilles pourvoyeuses de miel.
Comment résister à une telle aubaine ! Dans les jours qui suivirent, une horde s’installa ; des hommes, des femmes, des enfants, quelques animaux domestiqués attachés à l’arrière de chariots grinçants.
« Plus rien ne sera comme avant ! », soupira Stivell .
La clarté pâle de la lune quant à elle n’avait pas changé ; tout à coup elle devint rassurante pour Source, la fée.